|
|
| Regards mixtes / Troisièmes rencontres photographiques du 18ème / In situ |
 |
 |
S'organiser
Que cela soit par amitié, pour des idées ou encore pour des intérêts économiques, la rencontre de plusieurs individus au sein d'un groupe constitué marque l'organisation même d'une pratique en soi fondamentalement individualiste. Ainsi, nous pouvons faire une approche rapide de la multiplication et de la force au cours du 20ème siècle des différents mouvements et écoles artistiques et ceci même si, parfois, ce rapprochement fut canalisé ou artificiellement créé par une tierce personne (collectionneur, intellectuel, journaliste).
La photographie n'est évidemment pas exclue de ce type de processus. Pour exemple, dans l'histoire du médium, il faut se rappeler dans les premières années du siècle passé de la galerie 291 et de la revue Camera Work dont Alfred Stieglitz fut le grand ordonnateur et la cheville ouvrière. Au sein de certaines sociétés photographiques apparues dès le 19ème siècle, germaient et se développaient, sur fond de développements techniques et de discours théoriques, des courants de pensées tels le pictorialisme ou encore le naturalisme. A l'évocation de ces noms, il ne faut pas négliger le travail dÕhistoriens qui mettent en forme des réalités complexes pour lesquelles il peut être difficile parfois de produire un discours univoque. Il est à noter également que, de manière à formuler cette lecture historique, les liens de pensée et de création s'appuient régulièrement sur de grandes expositions qui sont autant de repères : Armory Show (1913), Film und Foto (1929), Family of Man (~ 1950).
Cependant, la photographie marque sa particularité vis à vis des autres médias au travers de la pratique du photojournalisme née dans les années 30 avec l'apparition du 24x36 et le développement de sa présence à l'intérieur de grands journaux. La création d'agences photographiques va permettre aux photoreporters d'organiser la diffusion des images et, avec plus ou moins de difficultés, contrôler l'usage (cadrage, prix, taille) de cette information visuelle qu'ils collectent dans le monde entier. La notion d'auteur joue ici un grand rôle puisque ce sont les photographes qui prennent en charge, dans un mouvement corporatiste, la protection et le devenir de leurs images. Rapho (1933) et Magnum (1947) constituent deux exemples historiques importants d'agences qui, sur des modes et des contenus différents, mettent en avant les travaux d'auteurs. Plus près de nous, des agences telles que Vu, Métis ou encore Editing préservent cette pratique anoblie du photojournalisme. |
 |
 |
|
Pour un collectif
Quelles sont les impulsions qui ont présidé à la naissance du collectif ? A Rennes, durant lété 2000, à linstigation de Lionel Boscher, une dizaine de photographes se rencontrent pour évaluer la possibilité de construire quelque chose en commun. Certains se connaissent, dautres pas. Certains développent une pratique de reportage, dautres produisent une photographie plus proche des Beaux Arts. Les expériences sont diverses et enrichissent les discussions. Finalement, lintérêt de ces premières réunions réside dans léchange autour des différentes approches, du regard sur les images que les uns et les autres proposent. Il y a une envie fondamentale, et lénergie développée dans lesparoles dévoile la nécessité de réunion, ne serait ce que pour avoir un point de vue critique extérieur ce qui peut éviter de se gargariser de ses petites réussites et donc permettre dévoluer et pour partager des connaissances ainsi que des réseaux personnels. Un collectif est une agrégation dindividualités et le désir commun est essentiel surtout lorsque, et cest le cas pour la photographie, intervient cette irréductible part de lego. Alors, après plusieurs rendez-vous autour de quelques chopes, le collectif In Situ, association de photographes, est né au mois de novembre 2000.
|
 |
 |
Un collectif, pour quoi faire ?
Sur le principe de base quensemble cest mieux que tout seul, les membres du collectif décident de sorganiser pour mieux se faire entendre et plus précisément pour mieux se faire voir. Chaque photographe conserve son entière liberté quant au travail quil exécute en dehors du collectif et à sa diffusion. Dans la première année de fonctionnement, chacun fournit au collectif les photographies quil souhaite voir inscrites dans les actions communes. Il va de soi que leur présence est soumise à laval, suivant le projet, de tout ou partie des membres.
Une des raisons fondatrices du collectif, afin daméliorer la visibilité de chacun, consiste au développement de la diffusion des travaux personnels. In situ se propose donc en tant quintermédiaire entre le photographe et les diffuseurs. Ainsi In Situ est appelé à grandir comme relais de distribution. Ce rôle semble sapparenter à celui dune agence mais, outre la classique diffusion pour des parutions dans la presse, il y a la volonté de mettre en uvre sa propre distribution. Dans un proche avenir, un projet de production de cartes postales va voir le jour. Le plus petit objet dédition garde un intérêt important renforcé par le fait même que de nombreuses photographies des membres dIn Situ proviennent de voyages dans différentes contrées. Avec le temps, il nest pas exclu que soient développés dautres types dédition. In Situ envisage également la mise en vente de tirages originaux. Il sagit, dans ce cadre, de permettre au plus grand nombre et donc à des prix très concurrentiels laccès à des photographies de qualité.
En parallèle de cette activité, le collectif In Situ propose le service dun ou de plusieurs de ses adhérents pour la réalisation de travaux de commande. Quils soient institutionnels ou privés, In Situ souhaite trouver des partenaires pour produire des reportages ou des uvres photographiques. Par exemple, depuis fort longtemps, le photographe pose son regard sur le monde du travail, et devant les mutations actuelles, loffre dune étude en images doit trouver écho auprès des entreprises. Pareillement, In Situ peut intervenir auprès délus, dassociations et autres organismes qui souhaitent développer des actions autour de la photographie. Des sujets aussi varié que le territoire, les archives (la mémoire), le portrait sont à même dêtre traités par les photographes du collectif.
Par ailleurs, lassociation initie des projets quelle propose au travers dexpositions. Il est important de façon à préserver une créativité indépendante de toute contingence dimaginer ses propres commandes et de se provoquer collectivement autour dune thématique.
Dans le prolongement de la diffusion de limage photographique sous ces différentes formes, il semble utile de diffuser également ses connaissances.Lassociation pense développer des actions pédagogiques vers les écoles et un public désireux de sinitier ou de se perfectionner en photographie. Dès que les moyens techniques le permettront, In Situ proposera des cours, des stages et des conférences.
Les photographes
Composé dauteurs aux sensibilités variées, In Situ sengage dans une photographie qui aime à se frotter aux réalités contemporaines. A lheure actuelle, on y retrouve Lionel Boscher, Franck Caillet, Laurent Caritey, Franck Galbrun, Alain Julien, Hervé Herreau, Christophe Le Dévéhat, Gaël Le Ny, Bertrand Renoux et Christophe Simonato.
Dès que le collectif aura trouvé son rythme interne, le battement essentiel à sa croissance, il est prévu, dans une envie partagée douverture et de rencontre, daccueillir de nouveaux membres.
Franck Caillet pour In Situ
|
| Contact |
Collectif In Situ
16, rue Surcouf - 35000 Rennes
Tel: 33 - 299 362 081 |
|
|
|