Erythrée, ente, entre guerre et paix

Photographies de Jean-Luc Barbier

Ses frontières sont encore absentes de la plupart des cartes géopolitiques modernes. Il faut être un passionné d'histoire coloniale italienne ou un spécialiste de la Corne de l'Afrique pour situer ce pays d'un premier coup d'¦il. Il a pourtant pris le nom grec de cette mer couleur sang dont il est l'une des rives.
Son sol a servi la conquête des uns et la reconquête des autres. Egyptiens, Italiens, Britanniques et Ethiopiens en ont fait une colonie ou une province. Son peuple s'est battu pendant 30 ans pour qu'enfin il puisse décider seul de sa destinée.
En mai 1998, après 7 années de paix, l'Erythrée s'est enlisée dans une guerre absurde qui l'oppose de nouveau à l'Ethiopie. L'enjeu ? quelques lopins de terre contestés le long d'un tracé frontalier datant du début du siècle. Le 15 juillet 1999, lors du 35ème sommet de l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA), les frères ennemis ont accepté, le plan de paix proposé par l'organisation panafricaine.
En avril 1998, quelques semaines avant la reprise des hostilités, rien dans les rues d'Asmara ou de Massawa ne laissait envisager une telle dégradation des relations entre compagnons d'arme d'hier unis contre le régime de Mengistu. Edifices en ruine, cimetières de chars, familles meurtries... témoignaient encore de la violence des combats d'une guerre trop longue qui avait pris fin en 1991. Le quotidien des érythréens semblait enfin promis à un avenir meilleur - regard sur les derniers moments de paix en Erythrée - .
 
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